Essais du Nikon D3s

Ayant eu la chance d’avoir un D3s (et un Nikkor 16-34 f/4 VR) pour une semaine, voici mon impression.

 

L'Ourcq

50mm - f/7.1 - 1/250ème - 250 ISO

Aspects techniques :

Une semaine c’est très rapide, trop rapide, à peine le temps de se familiariser avec l’appareil, de tester tous les réglages du boîtier, de le pousser dans ses limites, mais bien suffisant pour se rendre compte que le D3s en a dans le ventre. Avec ses 1300 grammes il est costaud le boitier ; alliage de magnésium, tropicalisé, batterie haute capacité, obturateur en composite Kevlar et fibre de carbonne bref, tout l’attirail du guerrier de la photographie (heureusement, j’avais commencé la musculation avec mon D300s et le 17-55 f2.8) ! Une ergonomie au top qui fait oublier son poids et un nombre de boutons conséquents qui permettent de ne quasiment jamais aller dans les menus. Et même s’il y à bien deux ou trois choses à lui reprocher sur ce point, c’est dans l’ensemble très bon. Pour qu’il soit parfait il manquerait un léger éclairage des touches mais je pense qu’avec l’habitude (que je n’ai pas eu le temps d’avoir) on doit y pallier. Le D3s est là pour exécuter sans broncher, dans n’importe quelles conditions et c’est pour cela qu’il est conçu. Je n’ai pas la prétention d’avoir besoin d’un tel appareil et les grandes nouveautés pour moi sont donc principalement : le capteur 24×36 (Full Frame) et le Grip (ici intégré).

Sur le terrain :

Ayant vendu mon D300s il y a environ deux mois pour préparer l’achat d’un futur D800/D700s (?), c’était un vrai bonheur de retrouver un boitier numérique ! J’ai également redécouvert mon Nikkor 50mm f/1.4 G qui m’affichait 50mm et plus 75 à cause du format DX.

Avec son excellente gestion des ISO entre autres, le D3s permet d’oublier l’aspect technique et de laisser place à la photo. On pense lumière, bokeh, plans, cadrage et surtout mise au point ; le décalage ne pardonne pas avec le piqué du capteur 24×36 et avec un ‘front focus‘ sur mon 50mm, j’étais obligé d’utiliser le Liveview + zoom sur la photo lors de mises au point à faible profondeur de champ. On ne se dit plus « mince je suis déjà 3200 ISO, ça va être crado » mais « vas-y on shoot », et le piqué reste bien présent. L’autofocus (51 points 3D) est hyper précis et même si je préfère choisir le collimateur central, dans des conditions ou le sujet est en mouvements, l’AF calcul correctement dans la plupart des cas.

La dynamique est très importante, les contrastes très bon, les nuances de couleurs excellentes notamment sur les tons chairs et sur les flous d’arrière plan, même si souvent trop jaune (…). On s’aperçoit rapidement que le D3s capture le moindre rayon de lumière et on en vient alors à réellement vouloir travailler cette lumière et lui redonner toute son importance.

Après une semaine seulement j’en suis arrivé à être trop exigeant et à vouloir une mise au point dans des conditions de noir quasi complet… une lampe d’assistance à la mise au point n’aurait pas été de refus : ne pas mettre de flash intégré, d’accord sur un modèle Pro, mais la lampe d’assistance est à mon avis très pratique (si on peut la désactiver facilement) !

Niveau discrétion c’est pas ce qu’il y a de mieux avec ses 16x16x9 centimètres environ (12x10x7,5 pour le D3100). On vous regarde rapidement comme un paparazzi et pour la photo de rue ça peut-être gênant ; plus de 30 boutons, trois écrans dont 1 LCD de 3 pouces, deux emplacements Compact Flash, un grip intégré et 1 batterie haute capacité dans le boitier. En parlant de la batterie, sur quatre jours j’ai pu faire 1000 clichés, du Liveview et quelques minutes de film avec une seule charge !

Le D3s permet réellement de profiter de la photo et ne plus s’occuper des limites de son matériel, on ne navigue plus dans les menus (au prix de plus de 30 boutons) et on ne pense plus qu’aux sujets que l’on shoot. Ayant eu l’occasion de tester le très bon D7000 et son petit frère le D5100, j’ai pu me rendre compte que Nikon améliore considérablement ses nouveaux boîtiers et remonte les entrées de gamme de quelques crans, ce qui donne une idée sur les futurs reflex Professionnel (pas encore renouvelés) de la marque…

À plus ou moins 4600 Euros le boîtier sans objectif, des caractéristiques à hautes performances, 300 000 photos « assurées » par Nikon et une qualité d’image hors du commun, le D3s est le Saint Graal de nombreux photographes Pro qui demandent à leur boitier de répondre dans toutes les conditions, même les plus extrêmes.

_

Vélo rose

50mm - f/1.4 - 1/80ème - 5000 ISO

 

Jean-Michel

50mm - f/2.2 - 1/400ème - 320 ISO

 

Éragny

50mm - f/1.4 - 1/8000ème - 250 ISO

 

Repérage

16mm - f/9 - 1/640ème - 250 ISO

 

0436

50mm - f/2 - 1/50ème - 8000 ISO

 

Bonne nuit

50mm - f/1.8 - 1/60ème - 1000 ISO

 

Ferrari

50mm - f/2 - 1/80ème - 250 ISO

 

AX KWay

50mm - f/1.4 - 1/1250ème - 5000 ISO

 

Apéro

50mm - f/1.4 - 1/50ème - 3200 ISO

-

À 102400 ISO c’est encore utilisable en taille raisonnable et en web ! Et c’est très pratique pour un affichage rapide du terrain avant une éventuelle pose longue :

Test 102400 ISO

50mm - f/1.4 - 1/80ème - 102400 ISO (!)

-

À 10 000 ISO c’est tout à fait utilisable en Print avec un petit coup de réduction du bruit sous Lightroom (ici un scrop à 100%) :

100%

100% scrop : 50mm - f/6.3 - 1/250ème - 10000 ISO

-

Visionnez toutes les photos de l’article dans leur taille réelle sur Flickr (actions -> view all sizes).

 

Enregistré en conditions extrêmes sur une Compact Flash SANDISK Extreme 32Gb !